Allongée, légère dans sa silhouette malgré la matière céramique, elle reprend avec fidélité les courbes souples d’une feuille tombée, dont la nervure centrale traverse toute la longueur comme une ligne de vie.
L’émail blanc, subtilement nuancé de gris cendré et de reflets argentés, révèle toute la richesse du modelé. Les craquelures caractéristiques du raku dessinent un réseau fin et organique qui rappelle les fibres végétales ou les traces du temps sur une écorce ancienne. Par endroits, de légères ombres noires accentuent les creux et soulignent les reliefs nervurés, donnant profondeur et caractère à la pièce.
Les bords irréguliers, parfois déchirés ou légèrement relevés, évoquent une feuille marquée par les saisons, battue par le vent puis recueillie dans un instant d’éternité. Cette fragilité apparente contraste avec la solidité de la céramique, créant un dialogue sensible entre permanence et éphémère.
L’ensemble dégage une grande élégance minérale. Posée sur un fond doux aux teintes rosées et poudrées, la feuille semble flotter comme un vestige précieux, entre objet naturel et œuvre contemporaine. Elle invite à la contemplation, célébrant la beauté simple des formes végétales transformées par l’alchimie du feu.